HYPNOSE ET LES NEUROSCIENCES

 

Qu’est-ce que l’hypnose selon les neurosciences ?

 

 

 

De quelle façon expliquez-vous l’hypnose à vos clients et clientes ?

Vous avez certainement développé votre façon.

Principalement, je leur dis :

L’hypnose est naturelle, donc tout le monde peut l’expérimenter…

Que ce n’est pas dormir puisque c’est un état modifié de conscience, ce qui signifie que la personne demeure consciente tout au long du processus.

Je donne des exemples d’état de conscience modifié :

– Être dans la lune…

– Être absorbé à écouter un film et vivre des émotions…

– Lire un livre et s’imaginer les scènes et les personnages…

– Conduire la voiture et être ailleurs en même temps ce qui amène une distorsion de temps…

Ensuite, je fais un recadrage en disant :          

Parce que c’est naturel… et que tout le monde entre et sort de l’hypnose régulièrement à tous les jours… alors la vraie question n’est pas de savoir si vous êtes hypnotisable ou pas…

La vraie question est… Est-ce que vous voulez vous faire hypnotiser ?

 

C’est excellent avec les clients et clientes !

Est-ce que ça explique l’hypnose ?

Pas vraiment !

 

 

Est-ce que vous savez ce qu’est exactement l’hypnose ?

Quand j’enseigne l’hypnose, j’utilise la définition qui est de plus en plus acceptée à travers le monde :

L’hypnose, c’est de contourner le facteur critique de l’esprit conscient pour amener à l’acceptation d’une idée précise.

 

À chaque fois, j’ai la même question qui revient :

Où est situé le facteur critique dans notre cerveau ?

 

Le facteur critique est un mécanisme de protection. Il n’a pas d’endroit spécifique. Par contre, il est en lien avec l’amygdale…

Qu’en est-il de ce qui se passe dans le cerveau en état d’hypnose ?

 

 

L’explication scientifique de l’hypnose

« L’hypnose est à l’éveil ce que le rêve est au sommeil ; l’attention, la motivation, l’imagination en sont ses effecteurs et la mémoire son vecteur.» 

Isabelle Nicklès

 

Longtemps on ne pouvait pas expliquer ce qu’est l’hypnose. On en réduisait l’explication comme étant un état de conscience modifié. Par contre, surtout depuis les années ’70, scientifiquement on en mesure son efficacité dans différentes problématiques au niveau de la santé (gestion de la douleur, allergies, perte de poids, cancer, etc…), comme au niveau psychologique (anxiété, dépression, etc…).

Malgré le fait de mesurer l’impact de l’hypnose, on ne pouvait expliquer son processus au niveau du cerveau.

Et cela jusqu’à…

Avec l’aide de l’imagerie cérébrale, on sait aujourd’hui que ses effets sur l’activité du cerveau sont réels. Le neuropsychologue Pierre Rainville, de l’Université de Montréal, a été le premier à montrer un lien entre l’hypnose et l’activité du cerveau.

D’ailleurs, ces recherches ont clairement démontré que le sujet en état d’hypnose est dans un état d’éveil modifié.

Depuis, les recherches se multiplient. Une étude sur l’hypnose, publiée dans Consciousness and Cognition, confirme que les effets de l’hypnose sont spécifiques et ne sont pas uniquement dus à l’état de relaxation qu’elle induit.

 

 

L’hypnose et les neurosciences

On est maintenant très loin de cette ancienne idée selon laquelle l’hypnose  était une forme d’inconscience qui ressemble au sommeil, privant ainsi le sujet de son libre arbitre et de tout contrôle sur lui-même.

Des recherches scientifiques récentes en neurosciences démontrent que les sujets hypnotisés sont pleinement éveillés.

De nos jours, il n’y a pas encore une définition scientifique et spécifique de l’hypnose. Souvent, on retrouve dans la littérature scientifique des propositions de définitions identifiant le processus hypnotique comme :

Un état d’attention focalisée, de dissociation et d’absorption avec une suspension relative du champ de conscience.

 

La question se pose… Les sujets sous hypnose, sont-ils vraiment dans un état neurologique particulier ?

L’hypnose est un état particulier de conscience qui diminue la perception de ce qui se passe autour de soi. Pourtant, le sujet reste sensible à certaines suggestions. D’après une étude réalisée sur la compréhension de l’effet hypnotique sur le comportement et la perception des mécanismes neurophysiologiques impliqués dans le mouvement, l’équipe de Patrik Vuilleumier et Yann Cojan, à l’Université de Genève, confirme que l’état hypnotique repose sur des mécanismes cérébraux particuliers.

Il y a en état d’hypnose une reconfiguration de la communication entre plusieurs régions du cerveau.  Et des régions différentes sont impliquées pendant l’expérience sous hypnose. L’intention du sujet est préservée sans inhibition de sa volonté d’agir.

Ceci amène Vuilleumier et Cojan à penser que pendant le processus hypnotique, le cerveau du sujet fonctionne non pas en soumission aux ordres donnés par l’hypnotiseur, mais qu’il se crée un véritable changement de l’activité cérébrale ou les représentations mentales du sujet et l’attitude centrée sur soi (introspection) déclenchées par les suggestions de l’hypnotiseur prendraient le contrôle de l’action.

Pour ceux et celles que cela intéresse, voici un bref résumé de l’expérience…

Les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour déterminer si le blocage d’un mouvement de la main par suggestion hypnotique repose sur des mécanismes cérébraux similaires à un blocage volontaire.

Douze sujets, dont on avait au préalable établi qu’ils sont particulièrement sensibles à l’hypnose, étaient dans un état normal de veille, ou placés sous hypnose. Ils devaient alors effectuer une tâche dite de « Go » – « No Go ». Ceci consiste à appuyer ou non sur un bouton.

On commençait par projeter sur un écran une main grise, gauche ou droite, qui indiquait de se préparer à appuyer sur le bouton et avec quelle main. Puis ils devaient appuyer le plus rapidement possible s’ils percevaient une main verte (Go) ou, au contraire, ne pas bouger si la main projetée était rouge (No Go).

Durant l’hypnose, il leur était suggéré que leur main gauche était paralysée. Par ailleurs, six autres volontaires étaient chargés d’agir comme s’ils étaient incapables de bouger la main gauche.

L’imagerie fonctionnelle mesurait l’activation des régions cérébrales aux différents stades de la tâche : préparation, exécution (Go), ou inhibition (No Go). En même temps, elle mesurait les changements des liens entre les régions du cerveau afin de suivre les régions qui s’activent en même temps ou dont l’activité change.

Les résultats révèlent que l’hypnose provoque une reconfiguration de la communication entre plusieurs régions du cerveau.

Ainsi, au moment de l’exécution du mouvement sous hypnose, l’activité augmente plus que chez les sujets non hypnotisés dans le cortex frontal inférieur droit, associé au contrôle volontaire des tâches, et dans l’aire de Broca, qui assure la production et le traitement du langage.

Simultanément, le cortex moteur, activé dans la phase de préparation, apparaît déconnecté des aires prémotrices, impliquées dans la planification des mouvements. Normalement, il n’est pas déconnecté.

En revanche, le cortex moteur communique davantage avec une aire pariétale, le precuneus, associé à la création d’images mentales, à la mémoire autobiographique et aux représentations de soi, ce que l’on ne constate pas normalement.

Selon Cojan, une telle activité cérébrale suggère non pas une inhibition directe du cortex moteur par les ordres adressés par l’hypnotiseur, mais un changement d’activité du cortex frontal et du cortex pariétal. L’exécution des mouvements serait déconnectée de l’intention et de l’attention. Des représentations mentales et une attitude centrée sur soi (introspection) déclenchées par les suggestions de l’hypnotiseur prendraient le contrôle du comportement. Le pouvoir de la suggestion hypnotique, mais aussi celui de l’imagerie intérieure, sont ainsi confirmés.

C’est ce qui les amène à dire :  

C’est comme si l’imagination prenait le contrôle du cerveau et de la perception !

 

Vous pouvez trouver la référence de cette expérience dans :

The Brain under Self-Control: Modulation of Inhibitory and Monitoring Cortical Networks during Hypnotic Paralysis. Yann Cojan,, Lakshmi Waber, Sophie Schwartz, Laurent Rossier, Alain Forster, and Patrik Vuilleumier. Neuron 62, 862–875, June 25, 2009.

 

 

Une expérience sensorielle

En hypnothérapie, la participation active du sujet en hypnose et la découverte de ses ressources psychologiques inexplorées participent à son mieux être.

L’expérience hypnotique est une expérience de vécu sensoriel très enrichissante pour le sujet et qui laisse pour celui ou celle qui le vit un sentiment exceptionnel, de bien-être et de curiosité.

Là est la seule magie de l’hypnose !

Et si magie il y a, alors le cerveau n’en est-il pas le magicien ?

 

 

Michel Gagné

Bonne hypnose !

 

© Michel Gagné et Secrets de l’Hypnose – 2017

 

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